La zootèque

“Pelagia noctiluca”

 

 

Nos origines méduses…

Ces animaux à corps mou, que Rondelet qualifiait d’  « ortie de mer » questionnent à plusieurs titres.

Scientifique, tout d’abord, car cette branche des cnidaires comptant plusieurs milliers d’espèces est primordiale dans l’évolution des espèces. Elle permet de mieux comprendre l’homme, notamment l’histoire biologique de son cerveau et de ses organes sensoriels.

Ce sont aussi ces animaux pluricellulaires qui ont développé la reproduction sexuée. Avant eux, la reproduction s’effectuait par clonage, une reproduction d’individus à l’identique, une évolution extrêmement lente. Grâce à cette avancée biologique essentielle, un brassage génétique s’effectue et permet une évolution rapide. La biodiversité actuelle doit tout aux méduses.

Enfin la relation qu’entretiennent, comme les qualifie Péron, ces « eaux  coagulées » (corps à 98% d’eau) avec la lumière constitue un vivier de questionnements théoriques et d’expériences plastiques.

Le plus intéressant vient de la faculté de certaines méduses à émettre leur propre lumière : la bioluminescence.

Symbole de l’inconscient humain, la méduse des Grecs a été récupérée par la psychanalyse pour décrire le mal de vivre, essentiellement la mélancolie.

Le majestueux ballet de leurs mouvements, la beauté hypnotique de leur transparence, de leur composition, de leur symétrie radiaire et de leur bioluminescence en fait un sujet d’études plastiques inépuisable.

La figure mythologique est très présente dans l’histoire de la peinture. Symbole de la sexualité autant que de l’effroi de la vision, de l’insaisissable, de la fascination du mystère, elle est aussi lieu de polarisation, de jonction des contraires.

Beautés mortelles, effroyables beautés, venimeuses, elles sont le lieu de contradictions, de surprenantes fusions de notions incompatibles.